IMG_1511_modif    Le Moulin à Huile d'Antoine Agostini se trouve sur la commune de Venzolasca.Il est actuellement habité par Mr Michel Jossen dit "le Suisse" qui fut notre guide lors de la visite.

    Ce moulin est "un moulin à eau",contrairement à la plupart des autres moulins appelés " Moulins à sang" pour lesquels on employait des ânes pour faire tourner la meule (comme ceux d'Afrique du Nord ou dans les Alpes pour l'huile de noix).

    Avant d'être apportées au pressoir, les olives étaient broyées dans une cuve de pierre, doublée de bois, à l'intérieur (a conca) avec la meule de pierre (a rota) entraînée par l'âne qui tournait autour d' un axe vertical.      

   

Les " scourtins " ou " zimbini" ces paniers tréssés, remplis d'olives concassées, confectionnés en poil de chèvre( plus solide que le  chanvre et qui ne pourrit pas ) étaient entassés dans le pressoir, un tronc était ensuite placé en travers afin de presser les olives et  le cabestan, nommé aussi "mât de force" était utilisé pour serrer encore plus fort .

    La première pression à froid , donnant ce qu'on appelle "huile vierge",coulait dans des cuves d'un mètre de profondeur, appellées "l'enfer".Par le bec de la pierre,  on récupérait le jus dans une bassine en bois de châtaignier.L'huile plus légère remontait rapidement à la surface.L'huile vierge extra, était faite à partir de l'olive sans aucune pression.

    Les domestiques et les vieilles du village, qui étaient chargés du travail, faisaient semblant de presser la première pression,car elles récupéraient  la deuxième! Ce qui faisait dire  à leur employeur: " elles ne rendent pas beaucoup, cette année, les olives"!

    Pour cette deuxième pression la pâte d'olive était arrosée d'eau bouillante, chauffée dans de grands chaudrons (aujourd'hui disparus) appelée " oliu d'infernu"ou " zipara". L'huile était récupérée à l'aide d'une grande palette en fer et on avait coutume de dire que c'était la part du moulinier. Elle était utilisée pour des usages autres qu'alimentaire, notamment comme huile d'éclairage.

    L'eau qui servait à alimenter la meule, ressortait par un canal de pierre qui traversait le moulin jusqu'à l'extèrieur, servant à arroser les jardins en contrebas ou à d'autres tâches.

    Nous savons que l'olivier dans le bassin méditerranée revêtait et revêt encore un caractère sacré; indispensable, l'huile d'olive servait non seulement à l'alimentation, mais amenait la lumière en tant que combustible pour éclairage.

    Le moulinier était un artisan complet capable de refaire ses axes en noyer,ses pivots usés, retailler la meule, ou refaire les godets en bois d'aulne.IMG_1516

    Précisons qu'à l'époque, plusieurs techniques étaient utilisées pour la fabrication de l'huile d'olive.La méthode la plus simple consistait à mettre des olives écrasées dans un tissu, qu'on pressait en tournant à l'aide d'un bâton.Dans le CAP, on utilisait des moulins avec poids et contre-poids ( comme les pressoirs à vin) Ce système était plus simple , que celui utilisé pour les moulins

à eau équipés de vis sans fin en bois fabriquées par des maîtres -artisans.

A l'époque, les mouliniers et les bergers connaissaient les techniques pour amener l'eau jusqu'au moulin et , en cas de destruction, comme lors de la crue de 1893, ils ont reconstitué l'enrochement nécessaire pour réalimenter celui-ci.

La restauration du moulin se fait petit à petit afin de lui redonner son aspect d'antan.